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(Ce texte fait suite à une série de billets qui débute ici.)

Maintenant plus de trois jours depuis le décès de mon père. Au début je me suis surpris à lui parler régulièrement, et cela à voix haute (sauf en public évidement). En fait, la première chose que je lui ai dite en arrivant chez moi, et cela à mon grand étonnement/amusement, est de ne pas trop regarder le ménage… 😉

La première journée je lui parlais constamment. Le lendemain un peu moins, et hier presque plus. Je me souviens d’une personnalité qui, en entrevue, avait mentionnée qu’elle se sentait presque coupable de penser de moins en moins à son conjoint, et cela à peine quelques jours après son décès.Je dois admettre qu’une partie de moi se sent un peu comme ça.

Entendons-nous bien, je n’étais pas aussi proche de mon père qu’une personne peut l’être auprès d’un/e conjoint/e, au contraire même car nous n’avons jamais été très à l’aise l’un envers l’autre, mais son décès m’a affecté plus que ce à quoi je m’attendais, chose qui m’indique que mon cœur de pierre n’est pas si dure que ça. 😉

Est-ce que je pleure le père qu’il a été ou celui que j’aurai aimé qu’il soit? J’en sais rien. Tout ce que je sais c’est que son départ me chagrine. D’ailleurs, j’ai hâte d’en pleurer une bonne shot histoire d’alléger mon coeur. J’ai passé proche de le faire à deux ou trois reprises, mais je me suis retenu à chaque fois à cause du contexte (travail, etc). J’espère que le fait de lui parler de moins en moins n’est pas un indicatif que je suis en train de dissimuler mes larmes sous un tapis. D’un autre coté je me dis qu’elles sortiront tôt ou tard. Ça m’a bien prit un an avant de pleurer ma mère…

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Je dois vous admettre que cette étape que j’appréhendais depuis longtemps, car ça faisait longtemps que l’état de mon père se détériorait, ne se déroule pas comme je le craignais. J’appréhendais beaucoup le regard de ma famille paternelle, car n’ayant été exposée qu’à un seul coté de la médaille, j’avais peur d’avoir été étiqueté en tant que le fils ingrat et égoïste qui n’a jamais été là pour son père, mais je n’ai rien ressenti de la sorte. Au contraire même. Faut savoir que contrairement aux membres de ma famille maternelle, je n’ai jamais été proche de la parenté du coté de mon père. D’ailleurs, quand une préposée au CHSLD m’a demandé le nom des parents de mon père pour l’acte de décès, je me suis surpris à ne pas le savoir. En fait, j’ai réalisé à ce moment là que je n’avais jamais connu mes grands-parent paternels. Aussi bizarre que ça puisse paraître, je n’avais jamais pris conscience que nous sommes supposés avoir deux grands-père et deux grands-mère. C’est pour vous dire à quel point je n’étais pas proche de la famille de mon père. D’ailleurs, j’ai appris pour la première fois que j’avais un oncle qui s’appelle Robert.

Pourquoi cette distance? J’en sais trop rien, quoique la « distance » pouvait littéralement être un facteur, car alors qu’à l’exception de mon oncle Raymond qui habitait à Montréal, tout ce beau monde là résidait dans les environs de Deschambault, alors que la parenté de ma mère habitait Montréal et Laval. D’ailleurs, mon oncle René et ma cousine Josée ont longtemps habités à un coin de rue de chez moi. Outre Raymond, il n’y a que mon oncle Claude (que j’aimais bien) que je voyais en moyenne deux fois par années, soit quand mon père décidait d’aller passer un jour ou deux à Deschambault. Faut dire que je m’entendais également bien avec mon cousin Michel, fils dudit oncle.

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Pour ce qui est de mon père il est possible qu’une cérémonie ait lieu au printemps, mais ça reste à voir. Mon oncle Robert s’est offert de voir à tout ça, et je lui en suis très reconnaissant car, pour être honnête, je ne savais pas trop quoi faire. Ma seule demande fut de récupérer la moitié des cendres car, comme vous venez de le comprendre, il sera incinéré, histoire que je puisse les déposer dans une urne ou tout autre contenant symbolique.

Je tiens d’ailleurs à profiter de l’occasion pour remercier Micheline (amie de longue date de mon papa), Louise (ma cousine), Robert (l’oncle dont je vous ai parlé) et, évidement, toute les personnes qui, de part leur support m’ont aidé (et m’aident encore) dans cette étape de ma vie.

Namasté! 🙂

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